La crise sanitaire a généré une certaine frustration et rebattu les cartes de la « consommation » de séjours touristiques de courte ou de plus longue durée, entraînant de nouvelles manières de concevoir vacances et week-ends.
Un tourisme responsable
La prise de conscience écoresponsable touche tous les secteurs, il est donc logique que celui de la villégiature n’y fasse pas exception. On voit en effet augmenter la demande d’hébergements respectant l’environnement et de séjours faisant la part belle à l’authenticité et au respect de la culture locale. La plupart des adeptes de cette forme de voyage privilégient des transports à empreinte carbone moindre que l’avion, toujours dans un souci de préservation de la planète. Un peu dans le même état d’esprit, ceux dont la profession leur permet de télétravailler surfent sur la vague du « bleisure » (contraction de business et de leisure : travail et loisir) : on optimise un déplacement professionnel en restant sur place pour le week-end ou quelques jours de plus, et on en profite pour visiter la région.
Le slow tourisme
On privilégie de plus en plus les moments de qualité au détriment parfois de la maximisation du temps investi. Terminée, dans cet état d’esprit, la course à la visite de tous les sites « à voir absolument » (on évite du même coup les affluences record et les files d’attente) : on préfère profiter de l’instant en partant dans une découverte en profondeur en visitant des endroits authentiques comme par exemple les fermes pédagogiques où l’on peut apprendre à prendre soin des animaux ou à fabriquer du fromage ou du savon à base de lait d’ânesse. On savoure les plaisirs de la table et de vraies rencontres, ou on vit en communion plus directe avec la nature : le besoin de se ressourcer et de revenir aux choses essentielles a pris énormément d’importance. Une tendance assez nouvelle tend à s’imposer dans ce type de tourisme : celle de la détox digitale, où l’on se coupe des écrans et des réseaux sociaux en choisissant sciemment des destinations sans wifi.
Le tourisme de proximité
De nombreuses études révèlent qu’en 2022, les gens souhaitent s’orienter vers des séjours plus courts (donc forcément moins loin de chez eux) mais plus nombreux dans l’année, peut-être échaudés par l’expérience des années COVID où il a fallu annuler certains projets et connaître parfois des difficultés à se faire rembourser. Il est à noter que les hébergeurs ont fait de gros progrès en proposant désormais des facilités d’annulation, ce qui rend la prise de décision de réservation plus flexible. On prend plaisir à (re)découvrir sa région de différents points de vue : sportif (randonnée, canoë, vélo), culturel (chantiers archéologiques, musées, stages de photographie, route des fromages) ou bien-être (méditation, spa, cours de cuisine naturelle)…
Moins de maxi, plus de micro
De cette pratique du tourisme de proximité est né le concept de la micro-aventure : on part moins longtemps, mais on s’offre une vraie parenthèse d’une semaine ou d’un week-end totalement hors du temps pour déconnecter du quotidien. On expérimente un nouveau mode de vie – souvent axé sur le minimalisme, la sobriété et/ou l’entraide – comme par exemple en dormant sous une yourte ou dans une tiny house. Un peu dans cette même veine, on peut s’inscrire dans la démarche du tourisme régénératif, dont le principe est de laisser un lieu dans un meilleur état que celui dans lequel on l’a trouvé en arrivant. De nombreux projets de préservation des sites proposent ce nouveau type d’investissement personnel : aider les populations locales à planter des arbres, préserver les coraux, nettoyer la nature. Bref : ne plus se contenter d’être consommateurs de tourisme mais en devenir des acteurs.

