Longtemps déconsidéré (à l’époque où il était « mieux vu » de faire des études), l’artisanat a de nouveau le vent en poupe et bénéficie enfin d’une bonne image qu’il mérite amplement. Un retour en grâce logique et particulièrement prégnant dans nos régions, et qui est dû à plusieurs facteurs.
L’actualité récente
C’est un fait avéré : la pandémie de COVID 19 doublée de la prise de conscience écologique a contribué à redonner le goût de la consommation responsable et locale, ce qui a dopé l’économie de proximité. Les produits plus durables fabriqués localement dans les règles de l’art remportent de plus en plus de succès. Ce cercle vertueux profite à l’artisanat : les débouchés pour ses productions existent bel et bien, mais cette tendance de consommation débouche également sur un nouvel élan des professionnels pour devenir artisans. On a moins peur de se lancer et d’exercer une profession en cohérence avec ses valeurs. Ce sont les villes petites et moyenne – celles de nos régions, donc – et les territoires ruraux qui bénéficient le plus de la dynamisation économique et du renforcement tissu social local. Pour citer quelques chiffres, ce sont maintenant 1,8 million d’entreprises du secteur de l’artisanat (un record) dont 65% sont situées en zones rurales et urbaines de moins de 200 000 habitants, qui génèrent nationalement 170 000 créations d’entreprises et près de 300 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an pour 3,1 millions d’actifs. Ce n’est pas pour rien qu’on parle de l’artisanat comme « la première entreprise de France » !
Un bénéfice mutuel
On l’a vu plus haut, les régions retirent des bénéfices du développement de l’artisanat sur leurs territoires. Mais ce bénéfice est réciproque et gagne en ampleur. Les collectivités territoriales demeurent en effet des soutiens importants pour le secteur, notamment par le biais des mesures spécifiques qu’elles lui prodiguent à divers niveaux pour faciliter et inciter au développement des filières, de la formation et de l’apprentissage, ainsi qu’à l’international… Et il y a de quoi faire, quand on sait que l’artisanat recouvre pas moins de 510 spécialisations différentes sur un total de 250 métiers répartis sur plusieurs secteurs : le bâtiment (49%), les services (29%), la production (14%), et l’alimentation (8%). Sur de telles bases, il n’est pas étonnant que l’artisanat soit pourvoyeur d’emplois, ce qui a un impact positif sur le tissu économique des régions. Loin d’être une voie de garage comme cela a pu être le cas dans les décennies précédentes, il offre par exemple un emploi en CDI à 80% des apprentis à l’issue de leur formation, du CAP au diplôme d’ingénieur en passant par le CTM, le bac pro, le brevet de maîtrise, le brevet de technicien supérieur, ou le master. Il y en a pour tous les niveaux et pour tous les préférences professionnelles dans les 750 formations proposée en France !
Un secteur réactif
On a tous pu le constater : entre les difficultés d’approvisionnement et les restrictions sanitaires depuis le début de la crise COVID, les entreprises artisanales ont su s’adapter. Rien d’étonnant à cela puisque c’est une des caractéristiques des métiers de ce secteur, qui depuis toujours doivent s’approprier les évolutions technologiques de leurs métiers et apprendre à innover et harmoniser leurs process à la modernisation, tant au niveaux des outils que des modes de production, tout en conservant leurs savoir-faire traditionnels. L’image d’Épinal de l’artisan travaillant seul à son établi à une production minime et « folklorique » a vécu : il existe maintenant nombre de métiers reposant sur l’innovation et les technologies de pointe. En phase à la fois avec son écosystème économique et son époque, l’artisanat est promis à un bel avenir !

